Centrafrique : pourquoi la France et le Tchad sont des acteurs clés de la crise

Dans mon billet précédent, je vous l’avais dit; la France n’est pas vraiment neutre dans cette crise centrafricaine, tout comme maintenant l’armée tchadienne, grand voisin de la RCA. Comme quoi la géopolitique s’invite dans cette crise. Mais comment la France et le Tchad sont devenus des acteurs clés ? Cette situation à Bangui ressemble un peu à la bataille d’Abidjan pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. 

En ce jour de Noël, pendant que le pape François appelle à la paix en Centrafrique et au Soudan du Sud, moi en tant que passionné de l’actualité africaine, je suivais l’évolution de la situation en RCA  sur les grandes chaînes françaises de télévision et radio.

-D’abord sur France24, des tirs d’individus non identifiés ont été entendus dans des quartiers de Bangui provoquant une panique chez les populations. Ce qui a entraîné le redéploiement des blindés français autour de l’aéroport de Bangui source AFP.

-Sur France2 et RFI, la même information est confirmée, mais toujours avec une situation confuse à Bangui pour la simple raison qu’on ne sait pas qui tire. Au même moment, la Misca  (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) annonce le déploiement des troupes tchadiennes dans le nord du pays, bastion de la Seleka.

-Sur Itélé la même information, la situation toujours tendue à Bangui pour cause de tirs provenant d’individus ou d’éléments non identifiés dans des quartiers proches de l’aéroport.

-Sur la chaîne LCI, on est plus proche de l’information. Il y a des précisions, car une équipe de LCI qui patrouillait avec des troupes burundaises était au cœur de cette fusillade. Selon cette équipe, ce sont des milices chrétiennes (anti-balaka) qui ont tiré sur l’armée tchadienne. La réponse des soldats ne s’est pas fait attendre, ce qui a provoqué une énorme explosion dans la capitale, non loin de l’aéroport. Voilà pourquoi des blindés français se redéploient autour de l’aéroport de Bangui.

Des questions troublantes

Dans cette crise centrafricaine, il y a quelque chose saute aux yeux : la monté en puissance des miliciens chrétiens anti-balaka qui sont censés être désarmés par l’armée française, ce qui n’est pas le cas. Ils sont un peu les nouveaux maîtres de la capitale. Ils imposent leur loi dans les rues au vu et au su de tout le monde, même de l’armée française. Et mieux encore, ils s’attaquent aux troupes tchadiennes de la Misca dont ils demandent le départ de Bangui ce qui est en en train d’être fait. Mais qui sont vraiment ces anti-balaka? Que veulent-ils ? Et pourquoi les troupes françaises ne les désarment pas ? Que devient la Seleka ?  Ou bien c’est le pouvoir de Djotodia qui est plus que jamais menacé ?  Si je me pose toutes ces questions, c’est parce que cette situation me rappelle  l’histoire du commando invisible d’Abobo pendant la bataille d’Abidjan

Le déploiement des troupes tchadiennes au nord du pays est-il un bon signe ? Je ne crois pas du tout ! Vous l’aurez compris la fin de la crise ce n’est pas pour demain.

En ce qui concerne les populations centrafricaines, les choses sont simples, voilà ce qui se passe dans leur tête.  Si les uns accusent l’armée française de l’opération Sangaris de laisser faire les antis-balaka, les autres accusent aussi l’armée tchadienne de la Misca de laisser faire la Seleka. C’est pourquoi on conçoit mal le rôle de la France et du Tchad qui sont en train de donner une autre dimension à cette crise.

 –(Crédit photo : Fred Dufour/ AFP). Des habitants de Bangui courent se mettre à l’abri alors que des tirs retentissent dans la capitale centrafricaine, vendredi 20 décembre 2013. 

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abukm
Blogueur ivoirien passionné de traitement d'information et de nouveau médias ( web2.0), Pour moi bloguer c'est partager, témoigner, influencer et aussi apprendre.

3 Commentaires

  1. La solution en RCA ne viendra pas de sangaris, ou de l’armée tchadienne, mais des centrafricains eux-mêmes, avec l’aide politique de la France et le consentement des pays voisins. La question ne se résume pas à SELEKA, ANTIBALAKA. La géopolitique est prépondérante dans ce dossier.

  2. Je ne suis pas de ton avis Debellahi. Les Centrafricains ne peuvent rien faire pour sortir de cette crise – en tout cas, ils ne peuvent pas y arriver tout seul. Ont-ils besoin de l’aide politique de la France voire du Tchad ?
    Je crois que ce n’est pas d’aide qu’ils ont besoin, ils ont justement besoin qu’on les laisse en paix. Sans soutien à Djotodia, à Bozizé et aux autres putschistes, ils n’y auraient jamais eu la situation dont nous parlons. L’enfer en Centrafrique ce sont les autres, en commençant par le Tchad et la France.

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