Centrafrique, pourquoi la France n’est pas vraiment neutre ?

Le débarquement des troupes françaises de l’opération Sangaris en RCA, me rappelle bien, comme si c’était hier, le début de l’intervention de l’armée française en Côte d’Ivoire en 2002, dès le déclenchement d’une rébellion venue du Nord. Bref, c’est toute une histoire que vous connaissez .

Vous savez, dans les premiers jours de l’opération Sangaris en Centrafrique on avait le sentiment que la France avait un parti pris dans ce conflit, vu l’évolution de la situation sur le terrain, relayée par la plupart des médias français sur place à Bangui. Pour la petite histoire dans un petit reportage sur la chaîne de télévision francophone  TV5 monde les troupes françaises ont laissé faire quand des chrétiens se sont attaqués aux commerces des musulmans. Ce jour, sur le plateau du JT Afrique, François Soudan de Jeune Afrique était l’invité. Celui-ci n’a pas manqué de signaler que la France doit faire très attention dans cette crise. On se disait qu’à ce moment il était  trop tôt pour juger.

Mais une semaine après cette thèse semble bien se confirmer, tout simplement  parce que, sur le terrain on assiste de plus en plus à un sentiment anti-français  d’une des deux parties en conflit en Centrafrique. Les deux parties en question sont d’une part la Seleka (« Coalition » en sango) ou miliciens musulmans du Nord qui a porté au pouvoir l’actuel président Michel Jotodia, d’autre part les anti-Balaka (« anti-machettes » en sango) ou miliciens chrétiens du Sud (autodéfense), mouvement qui semble être proche du président renversé François Bozizé.

En fait, avec l’intervention des troupes françaises , les miliciens chrétiens qu’on appelle anti-balaka  semblent bien monter en puissance dans les actes de violence de tout genre.  Ce qui incite à penser que les troupes  françaises les favorisent ou même les laissent faire au détriment de la Seleka.  Il peuvent se permettre de faire ce quils n’avaient jamais fait : brûler des mosquées à Bangui, déchirer des livres saints (Coran) devant les caméras de France24 en présence des troupes françaises . En plus, ils  s’attaquent aux familles civiles musulmanes taxées d’être complices ou pro-seleka. Il faut souligner qu’avant l’arrivée des Français il n’y a jamais eu de lieu de culte (mosquée / église) brûlé.

Les miliciens musulmans de la Seleka du Nord qui régnaient en maîtres sont eux traqués  par les forces françaises pour être désarmés pacifiquement ou de force et  très souvent  laissés à la merci des miliciens chrétiens. Cette position confuse de la France dans la crise explique un peu la perte de deux soldats dans les premières heures de l’opération à Bangui.

Mais aux dernières nouvelles ce sont les travailleurs humanitaires qui s’inquiètent de leur propre sécurité dans les camps.  Pour cause, il y a des hommes armés de machettes soupçonnés d’être des anti-balaka qui sévissent dans les camps. Et pourtant, l’armée française avait démenti la présence d’hommes armés dans les camps sous leur protection.  Le comble, c’est aussi le fait que les miliciens anti-balaka demandent le départ des troupes tchadiennes taxées d’espionner, car ces soldats qui  sont musulmans sont considérés comme pro-seleka.

Et mieux encore quand on sait que le président français François Hollande a estimé il y a une semaine, qu’on ne peut pas abandonner un président qui n’a rien pu faire voire même a laissé faire. Mais une semaine après le début de l’opération française, la situation est toujours extrêmement tendue sur le terrain en RCA selon RFI. Voilà pourquoi on se demande  si la France  aussi ne laisse pas faire. En tout cas vous l’aurez compris, la France n’est pas vraiment neutre, la situation est confuse au Nord-Mali, comme l’autre le disait : « Ce n’est plus la France-Afrique, mais c’est l’Afrique de la France ». Qui vivra verra !

Crédit photo AFP  – Le président François Hollande à Bangui.

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abukm
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